MCBTH

Assise dans la salle, parmi tant d’autres anonymes, je perçois une ambiance tout à fait particulière. C’est vrai qu’il y a de quoi être excité. Je ne parle pas de la neige qui tombe pour la première fois cet hiver, même s’il faut bien l’avouer, c’est fort joli. C’est que la version de Macbeth que je m’apprête à voir est en néerlandais et que tout commence déjà dans la salle. Ça parle anglais, néerlandais et français en attendant que les comédiens entrent en scène.  Le public est des plus variés ! On y trouve des fiers représentants du troisième âge qui révisent leurs classiques,  des groupes d’étudiants (pour leur cours de néerlandais peut-être), des bourgeois bohêmes qui s’essayent au Next Festival, … Et vos fidèles complices, bien sur ! Devant nous tous, une scène bouchée. Drôle d’adjectif, je l’admets mais il faut voir : un mur de planches grises. La lumière décroît, le mur se lève comme par enchantement. Une scène impressionnante : à la verticale, à l’horizontale, des planches de bois bien rangées. Un décor surprenant qui ne finira pas de glacer le sang. De la musique, des dissonances, des effets visuels, des voix. Trois sopranes voilées jouent les fantômes, avec leur voix lancinante. Les premiers échanges sont des plus atypiques : deux personnages font face au public, ils ne parlent pas. Leur dialogue est traduit par des notes maladroites sur un piano. Les surtitres transcrivent cette étrange discussion. Du Shakespeare ! Silence dans la salle. Les gens sont accrochés à leur fauteuil. Les protagonistes commencent à parler, l’aspect visuel de cet immense mur de bois change. Il changera de nombreuse fois durant le spectacle. Plus fort encore : au plus Macbeth s’emmure dans sa folie, au plus ce mur avance, dans le fracas des planches du parquet. Traduction visuelle du malaise qui donne une nouvelle dimension au texte de Shakespeare. La folie de Macbeth est à son paroxysme. Fin de la pièce. Le public applaudit fort mais ne sourit pas. Est-ce comme cela que l’on sait qu’une tragédie a plu ?

Cécilia M.

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