Guy Cassiers nous dépeint le portrait intimiste d’un Macbeth flirtant entre illusion et réalité. Retour introspectif au texte de Shakespeare, épuré pour mieux pouvoir se faire entendre. Un traitement du texte en scène tout particulier permet au spectateur de s’immerger et de trouver écho aux mots du dramaturge. Des sons lourds et graves résonnent jusqu’à nous faire trembler, la tragédie opère… Aux résonnances du texte se mêle l’opéra envoutant des sirènes de la nuit, qui poussent Macbeth aux pires des scénarios. La personnification de ses tiraillements intérieurs, de ses doutes, de ses ambitions, permet au spectateur une nouvelle interprétation de la pièce. Les projections vidéographiques renforcent l’idée d’une mise en scène onirique, où les doubles numériques des protagonistes ne seraient que la catharsis de leurs projections mentales. L’ensemble scénographique évolutif au plateau, met à mal les personnages, et entretient une atmosphère désespérée et claustrophobique tout au long de la pièce. L’utilisation de costumes illustrant la dualité compromet la complexité des rapports de pouvoirs et d’ambitions. L’utilisation du plateau, les jeux d’entrée et de sortie de scène, conservent un peu trop les règles d’un théâtre conservateur, tiré à quatre épingles.
Babette G.