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See you Next time

 

La soirée a déjà commencé. Quelque part, au loin, nous ne voyons encore de Courtrai que des panneaux sur la route. Nous entrons dans la ville, suivons ses lumières jusqu’à la Grande Place. Il y a déjà comme un air de fête dans le décor, Noël avant l’heure. Nous ne savons pas le chemin de cette grande nuit. La clôture du Next au bruit des verres qui tintent. Mais nous sommes loin du buffet, nous essayons une rue puis l’autre. Nous nous heurtons à des sens interdits, nous nous éloignons de la ville… Ces erreurs d’itinéraire nous font douter d’arriver un jour, en tout cas d’arriver à temps. Nous prenons alors la carte autrement : Budafabriek tient son nom de l’île de Buda sur laquelle elle se situe : ils nous faut donc chercher de l’eau, remonter le fleuve jusqu’à trouver une lumière verte.

 

Green Light District est l’exposition qui occupe tout l’étage de Budafabriek, elle est ce soir là en accès libre. Nous arrivons enfin, pris par le froid et pressé de nous réchauffer près du bar ou sur la piste. Alors qu’on se demande si on n’a jamais vu Courtrai de jour, il faut se rendre à l’évidence le karaoké est fini et à minuit nous arrivons en plein cœur de la nuit. Pas de Cendrillon pourtant, ou simplement les fumeurs qui restent à l’entrée. Des belles et des bêtes, peut-être, soirée de conte et nuit qui solde le compte du festival. On croise des danseurs, des acteurs et aussi les personnels des différents théâtres qu’on reconnaît avec une certaine familiarité pour avoir passé deux bonnes semaines avec eux.

 

Il y a peu de monde dans le hall éclairé, pourtant de la musique résonne non loin. Quelqu’un devant nous lève un rideau et nous avançons à sa suite. On ne se pose pas la question, pour aller où ?La pièce est plongé dans l’ombre, le contraste est flagrant. Je perds de vue mes amis. Je ne vois rien, face à la foule compacte, j’essaie d’avancer. Pressé de corps en corps, je me fraie un chemin. En regardant de plus près ceux qui m’entourent, j’essaie de voir leur visage. Ils ont pour beaucoup le même regard, irrésistiblement attiré par la scène. C’est donc là, c’est donc ça. Sur la scène, Emika & Kiani del Valle, performance musicale et dansée.

 

Sur la pointe des pieds, faute de pouvoir avancer plus en avant, je ne vois pas grand chose. De nombreuses têtes qui se balancent d’une jambe à l’autre. Des effets de lumières sur les bouteilles que  des gens tiennent à la main. J’entends une voix et pour la première fois je prête attention à la musique qui se joue autour de moi. Les sons commencent à prendre sens. C’est une femme au loin qui tient le micro ; elle semble à peine humaine. Un casque de cheveux posé sur les épaules, le teint très pâle. Avec la distance, je vois à peine ses lèvres remuer, comme si elle portait un masque. A sa table, près des platines se relèvent deux danseuses qui synchronisées épousent le moindre de ses gestes.

 

A partir de ce moment, je ne crois plus avoir vraiment réfléchi. Comme envoûté, je ne l’ai plus quitté des yeux. J’ai dû jouer des coudes, à la fin, j’étais au premier rang, parmi les premiers à applaudir. Au loin, je ne voyais que leur bras s’agitaient lentement, et j’ai été comme appelé. J’ai suivi du regard le reste de leurs déhanchés, à peine troublé par les effets de lumières qui ne me rendait la musique que plus profonde. Il y avait dans les mots quelque chose que je n’ai pas compris et qui accentuait encore mon trouble. Quand elles quittèrent la scène, je ne m’attendais plus à les voir revenir, des apparitions que l’on ne peut pas retenir.

 

Pourtant,  sans doute la force des applaudissements, elles ont reparu. Prêtresses d’un ordre de la nuit. Au centre et de face, je voyais enfin son visage, la chanteuse, loin d’être le masque que je croyais. Son allure avait quelque chose de fou, perchée sur talon haut. Des bas résilles, un body noir et une veste de soie. C’était un rêve peut-être, je prenais enfin conscience qu’il n’y avait pas que sa voix et la musique mais aussi son corps. J’avais perdu toute notion du temps dans cette contemplation très sensuelle. Égaré dans la foule, je cherchais à présent mes amis : croyant de façon un peu folle pouvoir partagé cette vision fantastique.

 

J’ai besoin de prendre l’air avant de prendre la route, nous n’allons plus rester longtemps. Je n’arrive pas à dire ce que j’ai ressenti à ce concert, j’ai des sons plein la tête mais je n’arrive pas à retenir la musique. Je quitte un ami qui lui reste, jusqu’à la fin ; j’espère le revoir bientôt.

 

See you next time. (Pour le festival, c’est dans un an)

Henri

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