19.11

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Cesser d’être un/ Goldring

Tisser à deux pour laisser son empreinte dans la sculpture.
Une femme en noir, couchée, qui déambule de haut en bas, puis remonte, sans briser les fils qui la retiennent, dans cette immense toile fine.
Délicatesse, exploration, bruitage « filiforme ».
Silence, le spectateur se concentre sur celui-ci, concentre son corps.
Blanc, noir, cachée, découverte…
Une confection merveilleuse.

Juliette

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Golgring

Henri

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Maneries / Luis Garay

Concentration / accélération.
Prise de conscience du corps.
Démembrée / droite / machine.
Puissance sonore entrainante.
Physique – technique.
Respiration – souffle.
Souffre, hurlements de douleurs.
Mise à nu.
Exploitation des déplacements, saturation de l’espace.

Gène, douceur, délicatesse.
Peinture de nu aux baskets.

Jeux de tensions imaginaires.
Vibrations corporelle.
Trainées animales.
Langage de signes corporel.
Code futuriste d’anomalies imaginaires.

Tension / résistance de l’imperceptible.

Folie – Désir – Plaisir.

Juliette

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Maneries copie

Merci Luis Garay, Florencia Vecino, Mauro Panzillo et leur équipe technique pour cette majestueuse claque dans la figure !

Justine

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Au garde à vous

On ne perçoit rien tout d’abord dans la pénombre. Pas bien sûr de voir bouger la danseuse. L’incertitude d’un geste qui devient pourtant une évidence. La lumière se fait, en même temps que la musique se précise. En avant marche, le corps tout entier se met en branle. Geste par geste la danseuse prend le rythme. Dans les mouvements,quelque chose de frénétique, une énergie un peu folle. Le besoin peut-être désespéré de tout donner, de tout essayer : de chercher ses limites. Aller au bout : la danse est elle aussi un sport de combat. On enfile son jogging, ses baskets on sautille, on se débat : lutte ouverte à présent. Au delà des mots, des bruits, un cri, la nudité comme des évidences.

Le spectacle s’intensifie, prend la forme d’une lente montée jusqu’à l’impossible conclusion. Comment aller plus loin ? On attends, impatient et curieux de savoir comment cela pourrait se finir. Le salut au bord de la scène, la danseuse et le dj qui l’accompagnait quitte le plateau. La musique pourtant ne s’arrête plus et les projecteurs toujours braqués sur le spectateurs nous renvoie à la condition du rêveur réveillé  :il n’y a plus qu’à partir en laissant la place vide.

Luis Garay – Maneries

Henri

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Maneries

Body language, mime, trance-like, tribal and arbitrary dance parts – Luis Garay mixes in “Maneries” an expressional limit-research with dancer Florencia Vecino and electric live music by DJ Mauro Ap.

I noted this down during the spectacle:

Like an alien from another world
who talks about his impressions of our world
who is bold
who does not mind
who addresses himself to everybody and to no one.

Who is trying to tell us a story
but is too much concerned with himself.

Mona

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Laurent Goldring

L’inspiration, l’expiration, ma respiration, celle de mon voisin, c’est ce que j’ai vu au début du spectacle jusqu’à ce que.. J’aperçus, perchée là-haut, tout là-haut, une masse noire… Morte? Non, vivante! Ses mouvements sont à peine perceptible : Un murmure sur le toile.

Mais quelle est cette forme?

Un papillon! Sans aile?

Une chenille! Dans une toile?

Une araignée! Avec des bras et des jambes?

Un corps? Un corps!

Un corps dans un décor de cordes. Non pas celles qui tombent, mais celles que l’on tisse, dans lesquelles on se glisse, celles que l’on craque, parfois, en même temps que nos os. « Nos eaux » entendent mes oreilles.

Que cherche ce corps?

Sortir? Non! Il évolue, c’est tout!

Il apparaît, disparaît, il fait deux, il cesse d’être un!

 

                                                             Coralie Lemaire

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maneries luis garay-Coralie

Coralie Lemaire

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Maneries, Luis Garay.

    Troublante interprétation que celle de cette jeune danseuse colombienne qui évolue sur scène avec une incroyable fluidité. Une fluidité qui fonctionne en symbiose avec des mouvements saccadés, des gestes qui ne sont pas sans évoquer un registre propre au break dance ou au hip hop.

  Au départ, un corps debout à la verticale effectue quelques mouvements minimes au niveau du ventre. Des jeux d’ombres et de lumières viennent ensuite animer ce ventre, qui malgré sa tenue statique, hypnotise en douceur le spectateur, plongeant ce dernier dans une sorte de béatitude éveillée.  Au bout d’un temps indéterminé, le corps de l’interprète se met lentement en mouvement, sollicitant d’abord la partie supérieure. Ainsi, les bras et les mains de l’artiste se rejoignent en cercle pour créer une sorte d’arcade mouvante très gracieuse. Une posture qui évoque brièvement les bras en couronne d’une ballerine. L’artiste exécute alors avec ses mains des gestes rotatifs saccadés, assez proches d’un langage mimé et d’un répertoire burlesque. Des gestes ayant pour but de créer un effet d’ombre au sol des plus captivants. L’éclairage de la scène joue ici un rôle bien particulier où des ombres se détachent sur le sol à partir du corps de l’interprète, formant ainsi, durant un court instant, un trio visuel des plus séduisants – ombre corps, corps ombre – proche de l’effet d’un kaléidoscope ou du divertissement et de la magie des ombres chinoises. Suite donc à ces deux premiers épisodes, celui de la statique contemplative et des gestes en couronne, un troisième temps de représentation se met en place. À partir de cet instant, la danseuse va pouvoir s’approprier tout l’espace de la scène en évoluant dans une marche rapide. L’on rentre alors dans le vif du sujet, celui des attitudes, des postures et surtout des manies de chacun. Le corps de l’interprète va donc se mouvoir et se métamorphoser d’une posture à l’autre, comme en accéléré.

     Une mouvance qui glisse tout naturellement d’un schéma de corps à l’autre, sans brisures, sans violences ni incohérences visibles. Nous observons donc une quantité de poses différentes exécutées à un tempo rapide, renouvelant sans cesse  l’aspect de ce corps : corps tantôt carapace, hybride, tantôt statuaire, élégant, sensuel, presque pictural. Une dualité est donc perceptible. Cette dernière est troublante car elle questionne le spectateur vis-à-vis de sa propre corporalité et des possibilités de transformation que cette dernière recèle. Des possibilités de mutation du corps paraissent alors  infinies et singulières. Il est donc étonnant de constater que la présence d’une seule interprète puisse évoquer la collectivité des anatomies du corps sociétal. Tantôt âpres et disgracieux, tantôt séduisants et évanescents, les corps (regroupés en un seul) ainsi présentés sur scène sollicitent tout un répertoire de physionomies à la fois figurées et vécues. Si certaines poses stéréotypées évoquent un état des corps répondant aux canons contemporains : la joggeuse performante, les mimiques étranges du mannequinat ; d’autres, en revanche, sont plus proches des archétypes grecques : pauses nonchalantes du contrapposto debout ou au sol. Des postures où les hanches jouent un rôle primordial dans l’oscillation du corps, qui agit tel un balancier. Tout cet ensemble évolue sur une composition musicale électronique dont les sonorités marquent les mouvements de l’artiste. La musique semble ainsi dynamiser l’ensemble de la chorégraphie. La qualité musicale de la partition transporte le spectateur, qui se retrouve pris dans une atmosphère électrique et grisante, très stimulante pour les sens. En somme, la grande qualité de ce spectacle repose, selon moi, sur une coordination harmonieuse entre musique et gestes mais aussi entre enchaînement et exploitation de l’espace scénique. Maneries suggère également la splendeur du clair-obscur d’un Caravage, comme s’il s’agissait d’un tableau vivant qui s’animait face à nous. Dans un même temps, le côté quelque peu mécanique des gestes de la danseuse suggère un corps androïde dont les mouvements parfaitement exécutés seraient paramétrés par une machine.

Tout un paradoxe existe au travers de cette œuvre vivante, aux citations multiples. Une œuvre mouvante et glissant d’un état de corps à un autre, avec brio et force d’exécution.

Bahéra OUJLAKH

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LAURENT GOLDRING & MARIKA RIZZI

Cesser d’être un

Première approche: la découverte du dispositif par le spectateur qui peut se mouvoir autour de l’installation avant de prendre place au sein de cette salle intimiste et obscure : le ton est lancé. Cette grande installation de centaines de fils entrelacés, formant des connexions presque neuronales où il semble qu’une monstrueuse araignée vient d’y élire domicile accroît la curiosité du spectateur. On devine une forme humaine à son sommet qui semble plongée dans un sommeil profond.

Le spectacle commence : ce tissage de fils blancs s’éclaire, la lumière glisse sur tout ce maillage, se meurt, produit des effets presque impressionnistes. Ce rayon, ce halo permet de ressentir les vibrations artistiques et poétiques du projet. Cette lumière focalise l’œil sur les nœuds, les liaisons, les synapses qui constituent ce magnifique nouage. Soudain au milieu du silence et de ce clair-obscur, un corps se meut, et cherche à se frayer un passage au travers de cette toile. Les mouvements se font lents, le corps prend des positions qui défient les lois de la pesanteur, nous admirons ce corps qui peut se mouvoir de toutes les manières possibles. Ce projet rompt avec la verticalité de l’Homme. A la question l’Homme peut-il léviter ? Au regard de cette installation ma réponse est oui.

Cette représentation brise les habitudes spatio-temporelles et certaines conventions du spectateur : dans la pénombre, il apprend à retrouver une sérénité proche de la méditation, se laissant bercer par le chant, la douce musique des fils que le corps de la performeuse met à l’épreuve, écarte, tend, tel un instrument de musique, l’installation vit et vibre. Le silence n’est aucunement pesant, il devient contemplatif. Le temps, au même titre que le corps, semble en suspens. La lumière baigne toujours ce beau tableau, le tissage métamorphose l’être, certains moments troublent la vision, on croit deviner autre chose qu’une forme humaine.

A la fin de cette performance, je n’ai pu m’empêcher de venir réexaminer cette toile, de la toucher. C’est une installation qui éveille les sens. Au toucher, ces fils très durs m’amène à reconsidérer le travail artistique au fil de différentes questions : le corps de cette performeuse a-t-il souffert de se mouvoir parmi ces cordes ?  Je m’imaginais rentrer dans l’installation, mais un sentiment de claustrophobie m’aurait envahi, c’est sûr ! Je pense que ce travail met en place avec son spectateur une invitation à la réflexion, à la médiation.

A la question comment penser l’être, l’unité et la multitude au travers du monde actuel et du monde de l’art, je n’ai pas encore trouvé la réponse ou alors elle est trop intime pour la dévoiler. Entre catharsis, intimité et poésie, le fait de cesser d’être un est effectivement, peut- être une des réponses à la question.

Charlotte.S

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Who’s next

 

Avant le spectacle, quand vous êtes un spectateur ponctuel (donc en avance) il y a toujours un moment d’attente. Il y a ceux qui font les cents pas, il y a ceux qui prennent un verre et ceux qui lisent les programmes. Un léger doute, jusqu’à ce qu’on ai vu la pièce : ne ce sont-ils pas trompés ? Il y a ceux qui avait prévu et sortent de la lecture de leur sac, ceux qui sont venus accompagnés discutent et ceux qui textotent frénétiquement.

 

Assis dans mon coin, je prends des notes, il y a comme une gène entre les spectateurs qui ne se connaissent pas,  tous assis, chacun dans son  fauteuil. Comme si on ne pouvait pas se prononcer avant d’avoir vu la pièce, que rien d’autre que les applaudissement ne pouvait nous réunir…

 

Presque le silence, et pourtant ce n’est pas un ange qui passe mais un artiste qui lance à la cantonnade : « Who’s next ? » Il s’en amuse et devant les regards interloqués, il regarde la scène que nous composions malgré nous et réaffirme « Comme chez le docteur, la salle d’attente ». Alors, on se regarde, et l’on part d’un même rire : art thérapie ?

 

(Anecdote du mercredi 19, Valenciennes)

Henri

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Face à face caméra

 

Il y a cette question au début : Pourquoi aujourd’hui des jeunes français ou belges se convertissent, prennent les armes et vont porter la guerre par delà le monde ? D’eux, on ne sait pas grand chose, des prénoms tout au plus : les médias enquêtent, cherchent des similitudes dans leurs profils, leurs éducations. On a tous tendance à croire que quelque chose à rater, sans se remettre en cause, sans forcement questionner notre société. Le théâtre de Milo Rau/ International Institute of Political Murder est un théâtre engagé, un théâtre en prise avec l’actualité.

 

Comme pour se rapprocher au plus près de cette actualité, le théâtre devient ici télévision. On croit reconnaître une émission telle qu’il en existe tant de confidence, de confession intime. Une caméra sur la scène fait des gros plans sur des acteurs qui nous racontent leurs vies et leur famille. On s’éloigne du problème, on en soulève un autre. Ce qui est troublant c’est que la notion de personnage est évacué, les acteurs sont dans cette pièce comme dans leur propre rôle. Des générations différentes se croisent et l’on peut croire que toute l’intelligence du metteur en scène a été de rassembler un panel si varié et pourtant si proche pour leur rapport, compliqué, au père. C’est en effet la paternité qui est ici questionné.

 

On écoute des récits de vie, père en fuite, père absent, père violent et les stratégies de survie, tous sont devenus comédiens. Ce n’est sans doute pas le seul facteur, mais ils sont sans doute ici les mieux placés pour en parler. Habitué aux répétitions, à placer leur voix, à décocher un regard, c’est cette fois le récit de leur propre vie qu’il rejoue. L’émotion est là bien sûr, palpable comme les comédiens savent la transmettre. Mais l’on ne peut s’empêcher d’être gêné : combien de répétitions pour arriver à ce récit qu’ils connaissent par cœur ?

 

On en arrive à certains moment à se poser la question de leur sincérité, dans leur façon méthodique de raconter leur histoire, d’essayer de comprendre les circonstances qui ont fait leur vie. Ce discours est comme maquillé, il est clair qu’il y a quelque chose derrière et quoi ? Des pères qui ne sont pas à la hauteur, des hommes pour qui vivre est difficile. Ce sont des histoires qui se suivent et se ressemblent au point que l’on confond les récits :  l’échec d’individu face à  la pression de la société et leur tentative de  fuir, de combattre avant de tomber. Peut-être est-ce là le rapport avec les convertis qui partent pour les guerres saintes le besoin de s’engager pour fuir, combattre et tomber…

 

Il est difficile de comprendre clairement le lien que tente d’établir le metteur en scène entre ces histoires individuelles. On peut être touché et malgré tout se dire à quoi bon.  Rester sceptique face à un récit qui ne devient jamais collectif. La distance incluse par la télé pousse le spectateur à regarder toujours plus d’images mais sans s’y sentir intégré, sans les comprendre. Derrière ce voyeurisme, on cherche encore du sens : celui de cette pièce, celui de nos vies, celui du choix des convertis.

 

Il n’y a pas vraiment de réponses à la fin.

 

Milo Rau / International Institute of Political Murder -The Civil Wars

Henri

 

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