22.11

 

 

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Dessin : Maddy Sylla

 

Cinéma imaginaire, Lotte van den Berg / OMSK

On est un petit groupe de 12 personnes de tous âges dans le centre de Villeneuve d’Ascq. On nous donne un minuteur et une consigne : commencer notre propre film imaginaire. Première scène : dix minutes, on commence. Un peu perdus, nous nous lançons à la découverte des lieux, tout en tentant de faire ce film qui nous paraît pour le moment plus qu’abstrait. Nous nous rejoignons, d’autres consignes nous sont données. Encore dix minutes, puis cinq, puis quinze. On enchaine les scènes. Au fur et à mesure nous trouvons notre chemin, qui se croise de temps en temps. Tout le monde ou presque joue le jeu. Nous redécouvrons le monde qui nous entoure, sous de nouveaux angles. Plan général, zoom, travelling, plongée, ralenti, … nous devenons une caméra. La cinquième et dernière scène accompagnée de musique, nous réunit. Nous nous prenons au jeu, intrigant le public aux alentours et parfois même le dérangeant. Enfin nous rentrons et les yeux fermés nous défilons dans un carré de lumière, revivant et faisant vivre une scène de notre film.

Cette expérience nous permet de faire des choses que nous n’aurions jamais faites : aussi bien par manque de temps (regarder la ville) que par gêne vis-à-vis de la foule (regarder les gens,  tourner sur soi-même en pleine rue, etc.). Nous redécouvrons nos limites en acceptant d’être le spectacle. L’expérience permet de partager, de réfléchir sur tout ce qu’on a pu apprendre pendant cette après-midi et de repenser notre existence. Cinéma imaginaire ou une expérience participative qui nous permet de faire « PAUSE ».

Maddy

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Photo : mona Schmidtke Photo : mona Schmidtke

Photo : Mona Schmidtke Photo : mona Schmidtke

Sentir que l’abstrait peut bien aussi avoir de la matière, c’est cela que nous avons pu apprendre dans la Master class d’Ana Pi et du DJ Jideh High Elements le samedi, 22/11/2014 au Gymnase CDC à Roubaix.

Avec un petit voyage théorique au début par DJ Jideh High Elements  aux origines et aux sources de la musique Dub, nous avons plongés pendant plus de trois heures dans un monde entre danse et transe dans l’expérimentation totale.

11 participants et Ana Pi ont écouté ces sons Dub très rythmés et bourdonnants et ont répondu avec leur corps, consciemment  ou inconsciemment.

Pour moi c’était surtout intéressant de sentir cette énergie avec les autres participants étant étrangers les uns pour les autres. Chacun dansait pour lui-même, mais personne ne dansait seul. On jouait avec la force mais nous n’étions pas rivaux. Enfin, on était un seul corps absorbant les vibrations.

Dans la deuxième partie de cette Master class nous avons eu l’occasion d’expérimenter pas seulement la réaction de notre corps à cette musique mais aussi de combiner celle-ci avec la voix. Chaque participant avait l’opportunité de créer ensemble avec DJ Jideh High Elements un univers sonore pour les autres, tout en gardant l’énergie globale.

Ce qui m’a éblouie était l’impression de connaître depuis longtemps ces gens avec qui je dansais côte à côte. La concentration sur les mouvements était tellement forte que la façon propre de danser de chaque participant parlait pour lui-même. Chacun avait son rythme, son style, ses pulsions – d’après moi c’était une identité pure ; une identité plus importante que celle que nous essayons donner chaque jour de nous-même lorsque nous nous présentons devant les autres. Et pourtant, nous nous étions présentés tout au début avec nos noms, âges, etc. Mais ces données-là étaient déjà oubliées. Ce qui reste c’est le mouvement.

Il me semble que corps et âme ont beaucoup appris aujourd’hui. J’ai envie de dire Namasté.

Namasté !

Mona

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Tauberbach

Tauberbach #2

Couleurs

Corps emmitouflés

Absence

Coeur dépouillé

Bonheur

Vagabonder

Brutalité du geste

Détresse

Amusement

Corps découverte

Douceur du tissu

Partage

Émerveillement

Masse

Hauteur

Folie

Tauberbach#1Justine

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As It Empties Out – Jefta van Dinther

Jefte van Dinther is een Zweedse danser en choreograaf die momenteel vooral werkt in Amsterdam, Stockholm en Berlijn. Hij studeerde aan de Amsterdamse Hogeschool voor de Kunsten en heeft al heel wat voorstellingen op zijn naam staan. Twee jaar geleden bracht hij al eens een voorstelling op het NEXT-festival, en nu staat hij er dus opnieuw. Hij brengt er zijn nieuwste stuk As It Empties Out, de grootste productie die van Dinther tot nu toe maakte.

Wie naar een voorstelling van van Dinther gaat kijken en verwacht een dansvoorstelling à la So You Think You Can Dance voorgeschoteld te krijgen, zal serieus zijn wenkbrauwen optrekken. De dansvoorstellingen die van Dinther brengt zijn absoluut niet alledaags. Hij is gekend voor de manier waarop hij weet om te gaan met geluid, beeld en licht. Van Dinther raakte geïnspireerd door synesthesie: de vermenging van zintuigen. Kleuren proeven of geluiden zien, het klinkt haast onmogelijk, maar in de licht gestoorde wereld van van Dinther wordt naar niets minder gestreefd.

Fel licht

Hij maakt dan ook heel slim gebruik van licht en geluid om de zintuigen van het publiek te ontregelen. Een lang stuk waarin het podium in fel wit licht baadt, wordt gevolgd door plotse complete duisternis. Doordat je ogen zich hadden aangepast aan het hele felle licht, lijkt het alsof de duisternis nog doordringender is. Het duurt ook langer dan normaal voor je ogen zich weer aanpassen aan het zwart.

Nadat we enkele minuten in volledige duisternis en stilte afwachten, ons alleen concentrerend op ons zicht dat heel langzaamaan een beetje terugkomt, verschijnt er een rood licht op het podium. Op dit moment is het heel moeilijk in te schatten hoe ver dat licht staat. Op het eerste gezicht lijken de dansers ongelooflijk ver te staan, maar naar mate er meer dansers in het rood licht gaan bewegen, krijg je het gevoel dat ze toch dichter zijn dan je dacht. Voeg daar nog eens de doordringende up-beat muziek bij, en je krijgt een publiek dat helemaal ontregeld is.

Gemiste kans

Waar van Dinther als kunstenaar op een geslaagde manier weet te stunten met beeld en geluid, laat hij zich als choreograaf en danser zeker niet van zijn sterkste kant zien. De vijf dansers die hij onder zijn vleugels nam zijn ongetwijfeld technisch uitstekende dansers afkomstig van bekende dansscholen. Maar van echte dans is hier eigenlijk weinig sprake. De dansers bewogen dan wel ritmisch op de muziek, maar van hun technische achtergrond was jammer genoeg heel weinig zichtbaar, een gemiste kans.

Ergerlijk was ook de vaak heel trage ontplooiing van het verhaal. Hier was geen sprake van dans op tempo, met energieke sprongen. Er zat qua ritme ook geen climax in het stuk, er werd nergens naar toe gebouwd: de hele voorstelling kende hetzelfde trage tempo. Bepaalde bewegingen werden ook veel langer dan nodig was herhaald.

Uniek en eigenzinnig

Deze voorstelling is absoluut niet voor iedereen weggelegd. Door de vaak vreemde bewegingen en rare klanken, is het stuk niet toegankelijk voor iedereen. De meningen achteraf zijn dan ook zeer gepolariseerd: oftewel vind je het heel erg straf, oftewel vond je er eigenlijk niets aan. Weinig mensen vonden een gulden tussenweg. Maar één ding staat vast: wie met een open geest de voorstelling bekijkt, ondergaat een beleving die je nergens anders zult ervaren.

Emilie De Clerck

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Photo : Zélia Kowalski

Les bas-fonds,

Les mots sonnent dans la salle couplés au rythme régulier du choc des bouteilles sur la table et des disputes des personnages qui nous entraînent avec eux, dans les abysses.
Rires, pleures, cris et tout se clôt sur le suicide du comédien, le représentant du théâtre cesse d’être dans le théâtre et l’illusion s’efface avec. La vérité n’est jamais loin.

Zélia

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Domino – Une belle expérience humaine

  « Inspiré de Jeux de massacre (1970) de Ionesco […], Domino est une succession de tableaux transcendants qui tendent irrémédiablement vers la chute. »[1]

            Lorsqu’Alexandra Davenne, responsable des étudiants-relais pour le Phénix, scène nationale de Valenciennes, m’a expliqué les grandes lignes de cet atelier nomade, j’avoue avoir été intéressée et en même temps troublée. Comment retranscrire cette maladie qui touche une ville entière dans la pièce de Ionesco ? Quelle forme revêt cette « succession de tableaux transcendants » ? Beaucoup de questions et un peu de stress avant la première séance de l’atelier.

            Rencontre avec la metteur en scène, Argyro, ainsi qu’avec l’un des comédiens de la compagnie Vasistas, Efthimis, et les autres personnes inscrites à l’atelier. Une ambiance conviviale s’installe. Petit à petit, le spectacle prend corps. Un travail de groupe se met en place, un groupe qui apprend à évoluer ensemble, à jouer ensemble. Apprendre à s’oublier, à oublier son propre caractère, à devenir « presque » un pantin qui suit « bêtement » le chef de ce troupeau. Réveiller son instinct animal, son ouverture au monde.

            Le chant trouve sa place au fil des séances, un peu faux, un peu dissonant. Les chorégraphies s’enchaînent, les play-backs aussi. Petit à petit, j’apprivoise ce spectacle, je m’y immerge. Difficile cependant d’entrer dans un spectacle déjà « tout fait ». S’imprégner d’une scène que l’on prépare soi-même, que l’on choisit est toujours plus facile, plus évident. Rentrer dans un spectacle où chacun a déjà une place, s’en imprégner, c’est beaucoup plus compliqué. Difficile parfois de comprendre ce que veut la metteur en scène, ce qu’elle attend de nous.

            A ces difficultés s’ajoutent aussi les blocages personnels, nos propres limites. Durant cet atelier, je me suis rendue compte que j’avais une limite, notamment par rapport à une chorégraphie qui me tenait énormément à cœur et que je n’arrivais pas à réaliser. Difficile de gérer son stress, sa « détresse ». Difficile aussi d’aller contre ses petites mimiques : remettre une mèche de cheveux en place, se gratter le nez, etc.

            Le reste de la troupe nous rejoint après quelques jours. Cela me permit de mieux comprendre la pièce, de mieux l’assimiler. Tout la mise en scène se mettait en place. Mais tout ceci passa à une vitesse folle. Deux séances de répétition tous ensemble et c’était déjà la première, sans filet, dans le studio devant une salle presque pleine. Étrange sensation que celle de passer derrière le quatrième mur, d’observer les spectateurs prendre place, de jouer avec eux durant la pièce, de les regarder, les guetter.

          Que retenir de cette expérience ? Ses limites, limites de groupe, limites individuelles. Ses capacités, son goût du théâtre, son envie de recommencer. Une belle expérience humaine, riche et inoubliable.

 [1]Le Phénix, scène nationale de Valenciennes

Justine URRU

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