15.11

 

The-Civil-Wars_IIPM_Marc-Stephan_4Parcours 15/11

Le parcours s’est fait à sept dans la voiture. On parle des lieux que nous traversons, des bonnes adresses à Lille, des autres spectacles de la Rose. Une ambiance plutôt sympathique se met en place.

A Roubaix pour Gerro, Minos and Him de S. TANGUY, A. MARCHAL & R. SALA REYNER, les danseurs transforment la scène, petit à petit, en un terrain de jeux. Leurs mouvements sont rythmés par leur souffle et leurs cris.

Nous voilà repartis, cette fois-ci pour Tournai.. Là-bas, nous partageons les sandwichs, offerts par Next.

A la Budafabriek, nous avons le droit à une une visite guidée privée dans un musée rien que pour nous. Nous nous retrouvons dans un cabinet de curiosités futuriste qui fait participer le spectateur et lui donne la possibilité de créer lui aussi des projets (un atelier est à disposition du public),

Avec The Civil War de M. RAU, c’est dans l’intimité des personnages que l’on entre aussi bien par le texte que par la mise en scène ; on nous présente le portrait des personnages qui se révèle être celui des acteurs eux-mêmes. Ce spectacle a fait débat dans la voiture, mais c’est ça qu’on aime avec Next : Partager !

Pour finir : un petit gymnase à peine éclairé, une chanteuse lyrique qui se mêle aux spectateurs, le bruit d’ailes de faucons et de clochettes accrochées à leurs pattes, Oro de F. GRILLI créent une ambiance singulière et reposante – idéale pour clore ce parcours.

On peut dire que ce parcours forme un tout et surtout une expérience Next à vivre !

Maddy

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La première claque

Simon Tanguy, Aloun Marchal & Roger Sala Reyner- Gerro, Minos and him

Venus de nulle part, où plutôt du fond de scène, voilà trois grands garçons. Trois hommes peut-être grandis trop vite. Ils n’ont pas l’air de savoir ce qu’ils font là, comme s’il venait de naître pour la première fois. Pour la première fois, il voit le jour sur un plateau, sous la lumière des projecteurs. Ils ne parlent pas, pas autrement que par borborygmes. C’est ainsi qu’à la fin, on pourra éventuellement les identifier comme Géro, Minos and him. Jusqu’à cette extrémité on les identifiera surtout par leurs costumes : maillot jaune, t-shirt vert et chemise bleu.

Sans honte et sans culotte, on aperçoit souvent un sourire sur leurs visages sales. Plaisir d’être là, de jouer et d’expérimenter. Trois hommes encore à l’état sauvage qui se cherchent, qui se flairent. Qu’est-ce que c’est qu’être ensemble ? On se donne la main, on se colle, tête contre tête et mains baladeuses. Toujours en tension, ces hommes ne peuvent vivent très longtemps réunis : deux sans trois et l’un d’entre eux au loin qui improvise un solo. La caresse n’est pas très loin de la claque. Attraction-répulsion, on s’agrippe, on se pousse et on cherche ses limites dans un plateau sans repères. L’un cherche à regarder le monde la tête en bas, l’autre examine les murs, comme pour sortir. Ils courent enfin, se débattent : y-a-il un sens à tout cela ?

La question se pose moins à l’échelle du spectacle qu’à celle de nos vies. Le retour aux sensations, aux reflexes, à ses ardeurs réprimés. Jeux de mains, jeux de pieds, ils se battent cherchent à avoir le dessus pour ensuite céder. La violence couve toujours qui fait mal qui fait du bien : ils tombent dans les bras l’un de l’autre, ils se poussent, vacille et se rattrapent les uns aux autres. Violence aussi du silence, rompu par le souffle et le bruit des mains qui claquent sur les corps. Rythmes du corps humains qui se donne à entendre comme ils se tapent sur le dos et dansent véritablement.

Parfois tendre, surtout cru le spectacle n’est pas sans humour. Il y a les mimiques et le regard des danseurs face public, comme s’ils cherchaient une récompense. On applaudit, on n’applaudit pas, on applaudit quand ?  Voilà qu’ils cabotinent, cherchent à se voler la vedette avant de partager un salut qu’on leur renvoie finalement : à nous de claquer des mains.

Henri

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Place à Notre danse.

Samedi 15 novembre au Phénix à Valenciennes, les cinq danseurs de la compagnie de Mylène Benoit se questionnent sur une explication de l’essence du mouvement. D’où vient cette inspiration, cette volonté d’écriture corporelle ? Comment écrire une histoire avec son corps ? Quels sont les facteurs qui poussent la chorégraphe à aller au delà des codes préétablis en fabriquant de toute pièce son propre langage ? Tant de questions qui amènent la chorégraphe à nous expliquer son spectacle, Notre danse.

Pendant 1h30, la pièce ne cesse d’évoluer à la manière d’un danseur en train d’échauffer ses muscles avant le grand saut. Cette pièce se modèle de la même façon. Elle aussi a besoin de ce moment de calme et de respiration avant de s’animer. Le danseur chasse alors l’air, apprivoise l’espace et prend ses marques. Le danseur rencontre ses partenaires. Les idées fusent entre eux, les onomatopées s’enchaînent, les cœurs s’emballent, les désaccords se multiplient jusqu’à la naissance de cette synchronisation, tel un essaim où le leader mène son groupe à la destination voulue.

Ce spectacle à mon sens «explicatif» témoigne d’une volonté singulière: celle de partager avec le spectateur ce processus de construction du geste vrai, d’une chorégraphie sincère. Pourquoi choisir ce mouvement plutôt qu’un autre ? Que vais-je signifier par ce geste ? Un geste traduit une parole. Rien n’est anodin, tout est réfléchi.

À la sortie du spectacle, les avis sont partagés. Certains parleront d’un «spectacle joyeux», d’autres seront déconcertés par la lenteur et le silence du début de la pièce. Mais parmi la divergence d’opinion, tous admettront cette volonté qu’ont les danseurs à communiquer des «moments drôles par leurs corps». Parce que oui, la danse est un moment d’échange entre le danseur et le spectateur.

Elisa-May Caffarel

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Notre Danse copie

Justine

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EXPO

Je ne savais pas à quoi m’attendre pour cette exposition même si malgré tout, j’avais eu la curiosité d’aller voir le site de la Budafabriek. Malheureusement je ne pipe pas un mot de flamand et pour une fois je suis bien contente de n’avoir rien compris à ce que j’ai lu, car la surprise a été d’autant plus grande. C’est une exposition complètement à part où des artistes, chercheurs et étudiants se sont associés pour travailler sur des projets commun et exposer leurs idées. Tout y passe, des idées extravagantes et d’autres un peu plus réalistes. Des puces d’eau qui changent de couleur au contact de produits toxiques ou un travail sur une « méga-poule » née d’un croisement d’espèces. Quelque part la science est aussi une forme d’art. C’est une forme de création et d’imagination avant même la phase expérimentale.

Zélia

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Dans le théâtre du centre de Courtrai, le Schouwburg plein, Milo Rau nous proposait un théâtre documentaire saisissant en partant du retour d’un jeune djihadiste belge grâce au combat de son père. Milo Rau relie cette histoire à la biographie des quatre comédiens présents sur le plateau, tout en mettant l’accent sur la relation avec leur propre père, sur comment ils en sont arrivés à faire du théâtre et il croise leurs récits avec l’Histoire. 

Les souvenirs s’enchaînent à la vue des spectateurs, autant sur le visage des comédiens que sur les murs de la scénographie, à côté des articles de journaux soigneusement découpés. Le passé des individus frappe et bouleverse mais sert aussi à mettre en lumière les choix de chaque individu et le présent du monde. On se retrouve face à la construction du psychisme de la société d’aujourd’hui, marquée par des guerres plus intérieures.

De l’individualité, The Civils Wars tend vers une universalité qui ne laisse personne indifférent.

Zélia

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EPSON MFP image

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EPSON MFP image

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La proie et l’ombre

 Francesca Grilli – Oro

            On entre de nuit dans un gymnase exceptionnellement ouvert, aux portes un écriteau : du silence. Un voile d’ombre couvre le bruit des pas sur les pavés et le tapage des étoiles. Une voix seule, toute nue, ouvre les oreilles. Prêts à entendre ce que nous ne pouvons pas voir, nous nous rapprochons de la musique. Des silhouettes en noir sur noir se pressent et se dispersent. Un cœur qui bat, pour un peu de chaleur, pour un instant de liberté. Il n’y a rien d’autre dans le noir, quand on a la certitude de n’être pas seul, que le plaisir de se perdre. Ce sont des mots d’amour dans une langue étrangère. On ne comprend que des bribes, un mot par-là et c’est une phrase tout entière qui vous étreint. Elle ne semble pas avoir de fin. L’étreinte de la nuit.

Cela vous prend à la poitrine, comme le sursaut de la peur à la vue d’un oiseau de proie. Ils sont deux, des faucons. Leur présence plane comme un rappel, peut-être la mort. C’est une respiration qui vous trahit tandis que dans le soir, immobiles, ils restent suspendus. On croit les discerner partout, dans le recoin d’un mur, sur un arceau branlant sans les voir nulle part. Devant ou derrière soi ? C’est un faisceau lumineux qui nous attire et les appelle. Il y a cette chanteuse et il y a cette dresseuse, toutes deux nous mènent à l’oreille et à la vue.

Nous les proies, nous les ombres regardons les oiseaux depuis la terre, rêvant à l’inaccessible. C’est la voix qui monte, le chant qu’on adresse aux cieux. Une lumière s’étend sur une barre fixe au loin et vide avant de s’éteindre. Un battement d’aile, le bruit d’une cloche. Quand la lumière revient l’oiseau est là, posé, qui attend. Il y a là quelque chose d’une apparition. Ce tour de magie où l’on vous présente une scène vide avec la promesse de la peupler. Une preuve, en toute bonne foi. Le vide qu’on enserre dans la lumière d’un projecteur et qui nous attire, conscients qu’il va se passer quelque chose. Le vol nous est inconnu, nous ne pouvons que deviner la trajectoire des oiseaux, dans un mouvement de recul. Ils volent dans le noir et ne se signalent qu’au tintement de la clochette qu’ils tiennent entre leurs serres. Il y a là quelque chose du miracle sous nos yeux rassemblés.

Nous sommes rentrés dans la volière, hommes libres et les oiseaux sous nos plafonds, trompés par nos étoiles ne s’évadent pas. Quelques choses de ces vols contraints, de ces vols qui ne fuient pas tient dans la voix. La poésie, cette présence rend le crépuscule moins effrayant ; presque à notre portée.

En sortant de la pièce, la nuit chante encore, dans un bruissement d’ailes.

Henri

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Laurent Goldring- Cesser d’être un

La lumière est tamisée, il n’y a aucun fond sonore, pas le bon moment pour recevoir un coup de fil.

Le silence est total.

Notre départ ne tenait qu’à un fil lorsqu’une silhouette s’est mise à bouger. Cela faisait 10 minutes que nous contemplions cette cage de 4 mètres de haut remplie de fils tendus avec ce que l’on pensait être un mannequin inanimé à l’intérieur.

Doucement, mais sûrement, très doucement même, la performeuse évolue, sans à-coup, dans la toile géante qui lui sert de prison. Étonnamment, elle reste d’une fluidité exemplaire, suivant son Fil d’Ariane comme si les centaines de cordelettes sur son chemin n’existaient pas alors que nous même nous serions très vite retrouvés ligotés.

Soudainement, un déplacement ne semble pas s’être déroulé comme prévu, la performeuse se retrouve tête en bas rapidement et le public réagit d’une tension palpable puisque jusqu’alors le silence régnait. Sur le fil du rasoir, elle parvient à accéder à une partie inférieure sans chuter. Ouf !

Lorsqu’elle arrive finalement à se diriger vers une des faces de cette cage sans murs, nous la pensions sauvée, et nous aussi par ailleurs, puisque nous suivions le fil des « événements » depuis maintenant 30 minutes.

Mais contre toute attente, elle y retourne, sans même avoir profité de sa liberté. Mais pourquoi ? La performance donne du fil à retordre à ma patience.

Dans l’attente d’un retournement, le public la scrute faire machine arrière. Sans succès, puisque qu’après un itinéraire déjà-vu d’une quinzaine de minutes la contorsionniste sort finalement de sa toile sans même que nous nous en rendions compte.

Cette prestation, suivant le fil rouge d’une poésie silencieuse, où l’on entend comme seul instrument à cordes cette immense cage où la performeuse se meut. La poésie est timide, la performance est remarquable, mais le tout peut être un peu long.

TEDDY

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VITOR RORIZ ET SOFIA DIAZ

Le circuit de spectacles auquel nous avons assisté Samedi 15 novembre commence et se termine par deux spectacles des formidables Sofia Diaz et Victor Ruiz. Je vais vous expliquer pourquoi j’ai été totalement séduit et impressionné par leurs spectacles.

Le premier spectacle « Out of any present » était très énigmatique, le titre est explicite puisque les artistes semblent être totalement déconnectés. Comme des robots non-fonctionnels, ils se déplacent par sursaut et parle un langage presque incompréhensible, entrecoupé. Le troisième artiste, qui lui bouge librement, est la maître de cérémonie est assiste le couple dans leur nouvelle vie de mouvement et de parole. Il leur apprend à parler, chanter, marcher, et prendre, puis comprendre. Nous suivons leur évolution grâce à un tableau à manivelle qui déplie au fur et à mesure des formes géométriques, puis des images en noir et blanc d’animaux ou de révolte humaines.

A la sortie du spectacle, je n’avais rien compris, mais le professionnalisme des artistes et leur prestance m’avait fortement intrigué ; ainsi que la poésie qui émanait de leur travail.

Le second spectacle fut pour moi révélateur ; et je pense pouvoir parler pour la salle entière pour avoir témoigné des visages éblouis de bonheur au moment des applaudissements. « A gesture is nothing but a threat » n’en est pas moins incompréhensible que le premier spectacle. Même si, le propos de la routine et de la répétition est rapidement posé, clairement et simplement. Le couple nous impressionne par un jeu de retour-arrière comme si l’on jouait avec un magnétoscope. Très bien réalisé, ce qui pourrait semblait répétitif nous envoûte littéralement. Chaque geste de l’un et l’autre est une performance : le show est très professionnel.

Ces séquences de voyage dans le passé sont précédées et suivies de pause où le couple nous fait rire par ses jeux de mots. Nous rappelant la petite chanson « bout de ficelle, celle, celle, scelle de cheval cheval cheval,,, etc », les artistes nous amusent.

Avec énormément de talent, de charisme, et des voix (très belles par ailleurs, Sofia Diaz chante très juste et très bien) portantes, je n’ai pas vu le temps passer. Le public à la sortie en redemandait.

Pour ma part, les exceptionnels Sofia Diaz et Vitor Ruiz sont mes plus belles découvertes de ce festival auquel je peux affirmer que je ne regrette déjà pas de participer.

TEDDY

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Le point surtitre

Entre néerlandophone et francophone, la communication n’est pas toujours simple. Pour peu qu’une compagnie présente son spectacle dans une troisième langue cela se complique encore. Aussi un système de surtitrage essaie de mettre tout le monde d’accord tout en se faisant oublier.

 

Le propre d’un bon surtitrage est d’être visible tout en étant discret : sacré paradoxe et pourtant bien résolu dans la plupart des cas. La méthode passe inaperçu et il faut vraiment que j’en fasse un article pour que l’on se rende compte que les mots ne tombent pas du ciel, ou plutôt qu’il ne suffit pas qu’ils soient dits pour qu’ils soient écrits. C’est d’ailleurs l’une des limites du surtitrage, la contrainte du texte traduit empêche toute improvisation à qui veut être entendu. Les limites du direct ; on s’en amuse parfois, lorsqu’un acteur manque sa réplique ou avance son texte sans que le surtitrage ne puisse le prendre en compte. Parfois on en rage quand tout va trop vite, et que nous n’avons même pas le temps de lire et de voir…

 

Techniquement donc il n’y a pas trente six moyens de surtitrer un spectacle mais deux : des panneaux ou de la vidéo-projection. Selon le projet, le décor de la pièce, c’est la compagnie qui choisit c’est d’ailleurs elle qui a la responsabilité du surtitrage. Si un fichier texte existe et compile les traductions il ne peut pas être programmé : difficile de programmer à partir du vivant… C’est donc une petite main qui doit se charger de la temporisation des surtitres , c’est à dire appuyer sur le bouton pour lancer la phrase suivante. Idéalement donc,  la personne chargé de cette tâche doit connaître les langues et le spectacle.

 

Ce n’est donc pas plus bête à lancer qu’un powerpoint, encore faut-il le savoir et je remercie le technicien qui m’a renseigné sur cette question.

Henri

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